HabiliFroid CAMPUS & OUTILS DU FRIGORISTE Outils M’entraîner
Fluides7 min + exercicesÀ étudier

R744 : pression, point critique et neige carbonique

Le CO₂ est un frigorigène particulier par ses niveaux de pression et sa proximité du point critique aux températures ambiantes.

LE REPÈRE VISUEL

CO₂ : deux points qui changent le raisonnement

01

Point triple

À environ −56,6 °C et 5,18 bar(a), les phases solide, liquide et vapeur sont en équilibre.

02

Courbe de saturation

Entre le point triple et le point critique, une limite entre le liquide et la vapeur existe.

03

Point critique

À environ 31 °C et 73,8 bar(a), la distinction entre le liquide et la vapeur disparaît.

Ces valeurs NIST sont arrondies. L’état du fluide dépend à la fois de sa pression et de sa température. Ce schéma ne constitue pas une table de dimensionnement.

01Deux points à comprendre

Les données NIST donnent un point critique voisin de 31 °C et 73,8 bar absolus, ainsi qu’un point triple voisin de −56,6 °C et 5,18 bar absolus. Ces valeurs décrivent des états thermodynamiques, pas des réglages de sécurité. Au-dessus du critique, la distinction liquide-vapeur disparaît ; en dessous du point triple, le liquide n’est pas une phase d’équilibre possible.

02Transcritique et sous-critique

Une installation peut condenser du CO₂ sous le critique, par exemple dans une cascade. Un système transcritique rejette sa chaleur dans un refroidisseur de gaz sur sa branche haute pression. Les commandes de pression, le réservoir intermédiaire et la gestion du gaz flash rendent l’architecture plus complexe que la boucle simple. La température de sortie du refroidisseur a une influence importante sur le cycle.

03Service et arrêt

La pression peut augmenter lorsque la machine arrêtée se réchauffe. La résistance des composants, la protection des volumes et les stratégies de maintien à l’arrêt sont prévues dès la conception. Flexibles, raccords, capteurs et contenants doivent être compatibles. Une dépressurisation mal maîtrisée peut former de la neige carbonique et obstruer des passages ; il faut alors se méfier des volumes restant sous pression.

04Risque respiratoire

CO₂ A1 ne signifie pas gaz respirable sans limite. Une libération dans un local peut provoquer une exposition dangereuse et participer à une atmosphère asphyxiante. Détection et ventilation se choisissent pour ce risque spécifique ; on ne transpose pas automatiquement un détecteur de fuite HFC. L’organisation d’urgence interdit l’entrée improvisée d’une personne non préparée dans une zone contaminée.

Les repères du chapitre

Les repères du chapitre
NotionInterprétationPoint de contrôle
Critique≈31 °C / 73,8 bar(a)Plus de condensation classique au-delà
Triple≈−56,6 °C / 5,18 bar(a)Solide possible lors de certaines détentes
A1Classe de sécuritéN’exclut pas une exposition dangereuse
UN EXEMPLE CONCRET

À 35 °C, on ne peut pas chercher une pression de condensation saturante du CO₂ comme à 20 °C. Il faut identifier le régime et les propriétés du cycle transcritique.

LE PIÈGE À ÉVITER

73,8 bar absolus n’est pas le seuil HP universel de toute installation CO₂.

À EXPLIQUER OU À TRAVAILLER EN FORMATION

Dans l’atelier CO₂, compare les régions autour du point triple et du point critique puis explique ce qui peut se produire lors d’un réchauffement à l’arrêt.

« Étudiée » est un repère personnel ; cela ne valide ni un geste ni une habilitation.